Angoulême, Festival international de la bande dessinée

Angoulême, Festival international de la bande dessinée

Angoulême, Festival international de la bande dessinée d’, manifestation culturelle et commerciale consacrée à la bande dessinée, initiée en 1972 par la mairie de la ville d’Angoulême.

Au fil de ses éditions, le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême est devenu le plus grand salon de bande dessinée d’Europe. Il a lieu tous les ans, pendant la dernière semaine de janvier.

Historique

L’histoire du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême commence fin 1972 avec une exposition intitulée « Dix millions d’images », qui rassemble éditeurs, libraires, dessinateurs et lecteurs de bande dessinée du monde entier. Le succès de cette manifestation et le développement du 9e art — caractérisé notamment par la création de nombreuses revues spécialisées (l’Écho des Savanes, Fluide Glacial, À Suivre, Circus, Métal Hurlant…) — incitent la municipalité d’Angoulême à créer un salon autour de la bande dessinée. La première édition se tient le 25 janvier 1974. Elle réunit les grands noms de la bande dessinée internationale : l’Italien Hugo Pratt — qui signe l’affiche de cette première édition —, les Belges André Franquin et Maurice Tillieux, les Américains Burne Hogarth et Harvey Kurtzman, etc.

En 1982, Jean Giraud (alias Moebius) préside le festival : Paul Gillon reçoit le Grand Prix de la ville d’Angoulême et Claire Bretécher le Prix spécial 10e anniversaire. Le succès croissant du festival d’Angoulême permet aux organisateurs et à la municipalité de présenter une exposition sur la bande dessinée française à New York, affirmant ainsi à la fois la notoriété internationale du festival et l’un des axes fondamentaux de sa politique : la formation. Cette orientation du festival se traduit par la création d’une section BD au sein de l’École régionale des beaux-arts : « l’atelier école de BD ». En 1985, la consécration de Jacques Tardi est quelque peu éclipsée par la présence du président de la République François Mitterrand, qui donne une nouvelle dimension au festival d’Angoulême — très médiatisé pour l’occasion. En effet, le chef de l’État français confirme la mise en œuvre du projet du Centre national de la bande dessinée et de l’image (CNBDI), chargé de conserver, d’informer et d’innover dans le domaine du 9e art et de l’Infographie.

Le développement du festival d’Angoulême se concrétise en 1990 avec la création d’un « marché international des droits » réunissant des éditeurs venus du monde entier pour négocier l’achat et la vente des droits de bande dessinée. Parallèlement à cet aspect commercial, le festival est associé à la Caisse d’épargne et à l’enseigne Leclerc, qui développe une politique de mécénat culturel.

En 2003, le festival fête ses 30 ans sous la présidence de François Schuiten. Si le festival a parfois privilégié les auteurs francophones, la 30e édition réaffirme le caractère international du festival, marqué notamment par la présence d’auteurs du monde entier (Japon, Corée, États-Unis, Amérique latine, Grande-Bretagne, Espagne, Belgique, etc.). Par ailleurs, aux côtés des expositions rétrospectives consacrées, entre autres, à Grzegorz Rosinski ou à Jean-Marc Reiser, des salles d’expositions dédiées à l’exploration de nouvelles formes de création transversale de la bande dessinée (cinéma, dessin animé, multimédia et nouvelles technologies) semblent indiquer une nouvelle orientation de développement pour le festival.

Entre 2004 et 2006, l’Académie des Grands Prix de la ville d’Angoulême marque sa volonté de saluer et de réunir à Angoulême toutes les familles et les générations d’auteurs de la bande dessinée en couronnant tour à tour le « poids lourd » de la catégorie BD jeunesse, Zep, le dessinateur de presse Georges Wolinski et l’un des chefs de file de la Nouvelle Bande Dessinée, Lewis Trondheim.

L’édition 2007 est une année test réussie pour les organisateurs du festival, qui ont considérablement augmenté la capacité d’accueil du public en scindant le festival en deux pôles principaux : l’« Espace découverte », qui regroupe expositions et animations dans le centre-ville, et le « Salon des éditeurs », vaste espace d’environ 10 000 m2, qui rassemble les stands des maisons d’édition à la périphérie de la ville. De plus, l’attribution du Grand Prix 2007 au dessinateur argentin José Muñoz et celle, pour la première fois, du prix du meilleur album à un manga, consacrent définitivement Angoulême comme la capitale mondiale de la bande dessinée.

Le palmarès

Le Grand Prix de la ville d’Angoulême

La récompense suprême du festival, le Grand Prix de la ville d’Angoulême — décerné par l’Académie des Grands Prix de la ville organisatrice chaque dernier week-end de janvier —, consacre un auteur vivant, dessinateur ou scénariste, français ou étranger, pour l’ensemble de son œuvre et sa contribution à l’évolution de la bande dessinée. Par ailleurs, conformément à une tradition d’usage, le lauréat du Grand Prix préside l’édition suivante du festival.

L’Académie des grands prix de la ville d’Angoulême a décerné son Grand Prix aux grands noms de la bande dessinée française — avec entre autres Jean-Claude Mézières (1984), Enki Bilal (1987),Gotlib (1991), Frank Margerin (1992), Philippe Vuillemin (1995), Florence Cestac (2000), Régis Loisel (2003), Georges Wolinski (2005), Lewis Trondheim (2006), mais également à de grands auteurs étrangers comme les Américains Will Eisner (1975) et Robert Crumb (1999), les Belges André Franquin (1974), Jijé (1977) et François Schuiten (2002), le Suisse Zep (2004) ou l’Argentin José Muñoz (2007).

Par ailleurs, le festival a également attribué des Prix spéciaux anniversaires à Claire Bretécher (10e anniversaire), Hugo Pratt (15e anniversaire), Morris (20e anniversaire), ainsi qu’un Prix du millénaire à Albert Uderzo en 1999.

Alfred, Alph-Arts, les Essentiels d’Angoulême et autres prix

Le festival décerne plusieurs prix chaque année, outre le Grand Prix de la ville d’Angoulême, et permet ainsi de révéler de jeunes auteurs et de consacrer les divers acteurs du 9e art. Baptisés à l’origine les Alfred (en référence au manchot de la série Zig et Puce d’Alain Saint-Ogan), puis renommés Alph-Arts de 1989 à 2003 (en référence au dernier album inachevé d’Hergé), les prix et leurs dénominations n’ont cessé de changer au fil des éditions.

La dernière évolution du palmarès a eu lieu en 2007, où les prix suivants constituent désormais les prix officiels du festival : le prix du meilleur album ; 6 prix ex-aequonommés « les Essentiels d’Angoulême », dont un est labellisé « Révélation » ; le prix du patrimoine ; le prix jeunesse 9-12 ans ; le prix jeunesse 7-8 ans ; le prix jeunes talents ; le prix du public ; le prix fanzines et BD alternative.

Les raisons de la simplification du palmarès officiel du festival résident dans la volonté des organisateurs et de son président d’honneur Lewis Trondheim « de ne plus séparer dessin et scénario, en considérant chaque album de bande dessinée pour ce qu’il est : le métissage indissociable du texte, du récit et du graphisme ».

Par ailleurs, la création du label « les Essentiels d’Angoulême » permet d’assurer une meilleure lisibilité des récompenses vis-à-vis du grand public et constitue également un gage de qualité pour le lecteur, souvent noyé dans la profusion des titres qui paraissent chaque année (un peu plus de 4 000 bandes dessinées publiées en France en 2006, dont plus d’un tiers de mangas).

Unique en son genre, le festival d’Angoulême contribue ainsi à faire de la bande dessinée l’une des expressions culturelles les plus populaires de son temps.